Couleur du pollen

Il y a quelque temps nous avions un fait un article à propos de pollen rouge (https://reppi.ovh/pollen-rouge/), je ne savais pas de quelle fleur pouvait provenir ce pollen.

Grace à un document paru en février 2016 il semble que ce pollen rouge provienne de marronnier… ce document, vous le trouverez à cette page du rucher-école de Thann dans le Haut-Rhin : http://rucherecole68.thann.free.fr/Calendrier%20apicole/la_couleur_du_pollen_des_plantes,arbresetabustes_melliferes.pdf

Abeille et épilobe en épi

Abeille en approche d’une fleur d’épilobe en épi. (Cliquer  pour agrandir la photo)

Récemment, j’ai fait quelques photos d’abeilles butinant des fleurs d’épilobe en épi, wikipédia me dit que cela s’appelle aussi : épilobe à feuilles étroites ou laurier de Saint-Antoine ou encore osier fleuri… le nom scientifique : Chamerion angustifolium .

C’est un plaisir de voir les abeilles butiner ces fleurs, ça bruisse de partout…

Fleur d'épilobe en épi

Fleur d’épilobe en épi. (Cliquer  pour agrandir la photo)

Sur la photo ci-contre vous pouvez voir que le pollen porté par l’abeille est gris foncé et pourtant en observant les anthères de ces fleurs le pollen ne paraît pas aussi foncé… mais le document cité plus haut confirme bien la provenance de ce pollen.




L’IPBES : déclin des pollinisateurs

Connaissez-vous l’IPBES ?

Cet acronyme signifie : Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services, en français, Groupe intergouvernmental sur la biodiversité et les services écosystémiques. L’ONU (Organisation des Nations Unies) a créé ce Groupe international d’experts sur la biodiversité en 2012.

Rapport

Le premier rapport de l’IPBES, rendu ce 26 février 2016, porte principalement sur le déclin des pollinisateurs (abeilles, papillons ou oiseaux) ce qui constitue une grave menace pour la production alimentaire mondiale et met en danger les moyens de subsistance de millions de personnes.InsectesPollinisateurs

Dans le résumé de ce rapport il est dit que “plus des trois quarts des principales cultures mondiales destinées à l’alimentation dépendent d’une manière ou d’une autre de la pollinisation animale” et que “les cultures dépendant de la pollinisation contribuent à 35% en volume de la production des cultures au niveau mondial“.

Les experts constatent un important déclin des pollinisateurs sauvages en diversité et en abondance. Bien sûr, nos abeilles mellifères jouent un rôle important dans la pollinisation, mais la part des autres pollinisateurs est sous-évaluée : environ 20000 espèces d’abeilles non-domestiques, diverses espèces de diptères (mouches), de coléoptères, de lépidoptères (papillons) mais aussi des chauves-souris et des oiseaux participent à la pollinisation.

Ce n’est pas nouveau…

B-Vaissiere

Bernard Vaissière – INRA PACA

Il y a quelques années, Bernard Vaissière, invité lors d’une Université d’automne du GDSA-29 nous avait parlé de ses craintes à propos du déclin des pollinisateurs; malheureusement ce premier rapport de l’IPBES confirme ses craintes.

Le rapport attribue ce déclin aux “changements d’utilisation des sols, l’agriculture intensive et l’usage de pesticides, les pollutions environnementales, les espèces invasives, les pathogènes et le changement climatique“. Le résumé indique que les risques des variétés de cultures transgéniques ne sont pas évalués de “manière adéquate“.

Par ailleurs la question des nouvelles générations d’insecticides systémiques, dont les néonicotinoïdes, n’est pas éludée, mais elle ne fait pas l’objet d’une recommandation. Un observateur indique que la question de ces insecticides a fait l’objet de “palabres de trois quarts d’heure entre délégués, la délégation française ayant beaucoup œuvré à sa clarification“.

Conflits d’intérêts

Le risque de conflits d’intérêts n’est pas à écarté. L’implication des industriels de l’agrochimie dans le fonctionnement de l’IPBES soulève des critiques dans la communauté scientifique. Deux salariés de ces industries ont participé au rapport créant ainsi une polémique, relayée notamment par le journal Le Monde (article de Stéphane Foucart du 23/02/2016).

(Cette page s’inspire très largement de l’article de Stéphane Foucart, parue dans Le Monde le 27/02/2016) : Le GIEC de la biodiversité consacre l’importance cruciale des pollinisateurs )


 

Articles sur ce sujet :

Le Monde :

« GIEC de la biodiversité » : l’étude globale sur la pollinisation fera-t-elle mouche ?

Parmi les experts du principal rapport sur la pollinisation, deux salariés de l’industrie chimique

Pourquoi le « GIEC de la biodiversité » est mal parti

Sciences et Avenir:

Avec la disparition des pollinisateurs, c’est l’alimentation de millions de personnes qui est menacée




La pollinisation a besoin de plusieurs espèces de pollinisateurs

Un article récent (daté du 29 janvier 2016) de Sciences et Avenir a retenu mon attention : “Le nombre d’insectes pollinisateurs a un impact sur l’abondance des récoltes”.Nos abeilles, celles qui font du miel Apis mellifera, font bien leur travail de pollinisation, mais si elles sont épaulées par d’autres espèces d’abeilles et d’autres insectes visiteurs des fleurs, le succès de la pollinisation est garanti !

“Une équipe de chercheurs a réussi à mesurer l’effet de la densité et de la diversité  des pollinisateurs sur l’abondance des récoltes des cultures pollinisées par les insectes chez les producteurs principalement en Afrique, Asie et Amérique latine.”

Les rendements augmentent, en moyenne,  de 31% entre une parcelle visitée par 2,5 espèces d’insectes pour 100 fleurs et une autre où 5,5 espèces ont butiné. ”

Voir l’article sur le site de Sciences et Avenir

C’est pourquoi il nous semble important, lorsque nous parlons de l’abeille mellifère, de rappeler qu’il existe de nombreuses autres espèces d’abeilles dites solitaires, ou sauvages, qu’il est important de protéger.

Photo : Katell Coat -GDSA29

Photo : Katell Coat -GDSA29

 




Un exemple d’évolution adaptative chez des bourdons

Adaptation climatique : des bourdons voient leur langue raccourcir

(article paru sur le site de Sciences&Avenir du 28/09/2015, signé par Rachel Mulot)

Deux espèces de bourdons ont perdu un quart de la longueur de leur langue et changé de stratégie de butinage. Une évolution adaptative au réchauffement climatique en cours.

DIVORCE. C’est à l’agonie d’une très longue histoire “d’amour  évolutive” qu’ont assisté des chercheurs américains : c’en est fini, en effet du penchant autrefois marqué des bourdons des montagnes Rocheuses Bombus balteatus et Bombus sylvicola pour les fleurs-tubes aux corolles très profondes, expliquent-ils dans Science. Ces pollinisateurs et ces plantes ont pourtant évolué en parallèle pendant des milliers d’années, la langue des uns s’allongeant tout autant que la gorge de la fleur de façon à pouvoir y recueillir le pollen de façon assez exclusive, “mais la ‘rupture’ entre les espèces est désormais consommée”, montre l’étude dirigée par Nicole Miller-Struttmann, de l’université du Missouri, à Columbia (États-Unis).

Le bourdon américain Bombus sylvicola ne peut plus explorer les fleurs tubes

Le bourdon américain Bombus sylvicola ne peut plus explorer les fleurs tubes (Photo : Nicole Miller-Struttmann)

Pour lire l’article complet sur le site de Sciences et Avenir : http://www.sciencesetavenir.fr/animaux/insectes/20150925.OBS6562/adaptation-climatique-des-bourdons-voient-leur-langue-raccourcir.html

Lire le fichier Pdf : AdaptationLangueBourdon