L’IPBES : déclin des pollinisateurs

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Connaissez-vous l’IPBES ?

Cet acronyme signifie : Intergovernmental Science-Policy Platform on Biodiversity and Ecosystem Services, en français, Groupe intergouvernmental sur la biodiversité et les services écosystémiques. L’ONU (Organisation des Nations Unies) a créé ce Groupe international d’experts sur la biodiversité en 2012.

Rapport

Le premier rapport de l’IPBES, rendu ce 26 février 2016, porte principalement sur le déclin des pollinisateurs (abeilles, papillons ou oiseaux) ce qui constitue une grave menace pour la production alimentaire mondiale et met en danger les moyens de subsistance de millions de personnes.InsectesPollinisateurs

Dans le résumé de ce rapport il est dit que “plus des trois quarts des principales cultures mondiales destinées à l’alimentation dépendent d’une manière ou d’une autre de la pollinisation animale” et que “les cultures dépendant de la pollinisation contribuent à 35% en volume de la production des cultures au niveau mondial“.

Les experts constatent un important déclin des pollinisateurs sauvages en diversité et en abondance. Bien sûr, nos abeilles mellifères jouent un rôle important dans la pollinisation, mais la part des autres pollinisateurs est sous-évaluée : environ 20000 espèces d’abeilles non-domestiques, diverses espèces de diptères (mouches), de coléoptères, de lépidoptères (papillons) mais aussi des chauves-souris et des oiseaux participent à la pollinisation.

Ce n’est pas nouveau…

B-Vaissiere

Bernard Vaissière – INRA PACA

Il y a quelques années, Bernard Vaissière, invité lors d’une Université d’automne du GDSA-29 nous avait parlé de ses craintes à propos du déclin des pollinisateurs; malheureusement ce premier rapport de l’IPBES confirme ses craintes.

Le rapport attribue ce déclin aux “changements d’utilisation des sols, l’agriculture intensive et l’usage de pesticides, les pollutions environnementales, les espèces invasives, les pathogènes et le changement climatique“. Le résumé indique que les risques des variétés de cultures transgéniques ne sont pas évalués de “manière adéquate“.

Par ailleurs la question des nouvelles générations d’insecticides systémiques, dont les néonicotinoïdes, n’est pas éludée, mais elle ne fait pas l’objet d’une recommandation. Un observateur indique que la question de ces insecticides a fait l’objet de “palabres de trois quarts d’heure entre délégués, la délégation française ayant beaucoup œuvré à sa clarification“.

Conflits d’intérêts

Le risque de conflits d’intérêts n’est pas à écarté. L’implication des industriels de l’agrochimie dans le fonctionnement de l’IPBES soulève des critiques dans la communauté scientifique. Deux salariés de ces industries ont participé au rapport créant ainsi une polémique, relayée notamment par le journal Le Monde (article de Stéphane Foucart du 23/02/2016).

(Cette page s’inspire très largement de l’article de Stéphane Foucart, parue dans Le Monde le 27/02/2016) : Le GIEC de la biodiversité consacre l’importance cruciale des pollinisateurs )


 

Articles sur ce sujet :

Le Monde :

« GIEC de la biodiversité » : l’étude globale sur la pollinisation fera-t-elle mouche ?

Parmi les experts du principal rapport sur la pollinisation, deux salariés de l’industrie chimique

Pourquoi le « GIEC de la biodiversité » est mal parti

Sciences et Avenir:

Avec la disparition des pollinisateurs, c’est l’alimentation de millions de personnes qui est menacée

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