Des ruches pédagogiques…

Il y a deux ans, à Toulouse, j’ai eu l’occasion de visiter le Jardin du Muséum à Borderouge (un quartier de Toulouse).

Une ruche pédagogique est installée dans ce jardin, elle abrite une colonie d‘abeilles. La ruche est du type Dadant-10 cadres, mais elle est conçue pour permettre au visiteur d’observer en toute sécurité les abeilles à l’intérieur de la ruche.

Sur trois côtés, des fenêtre permettent d’observer les abeilles sans danger. Une colonne de près de 3 mètres permet aux abeilles de sortir sans déranger les observateurs. Il est même possible de voir les abeilles entrer et sortir en ouvrant une fenêtre placée sur cette colonne.

Ce jardin vous intéresse, vous pouvez télécharger la plaquette “Jardin du Muséum-Borderouge

Cette ruche pédagogique intéresserait la ville de Brest : “Abeilleavenir.fr

Dans un autre jardin ouvert au public, à Kiel en Allemagne, est installé un autre type de ruche pédagogique tout aussi intéressante, mais totalement différente. Il s’agit d’une ruchette d’observation contenant deux cadres de corps superposés, et entourée de panneaux explicatifs sur la vie des abeilles. Une fenêtre permet d’observer l’ensemble de la colonie au travail. Ce dernier dispositif n’est opérationnel que durant la belle saison, mais il permet de mieux comprendre la vie de la colonie.

 

 




Comment les abeilles d’une colonie se reconnaissent-elles ?

Si vous avez l’habitude d’observer l’activité des abeilles à l’entrée d’une ruche, vous avez sûrement remarqué quelques unes sur la planche d’envol semblant faire un travail de police, deux ou trois gardiennes “vérifient” l’dentité d’une abeille suspecte, elle semblent vraiment la malmener. Selon le cas, elles laissent entrer la pauvre abeille, mais parfois elles la chassent.

Gardienne à l'entrée de la ruche

Gardienne à l’entrée de la ruche contrôlant une abeille suspecte…

Dans une même colonie, des sœurs et demi-sœurs de pères différents se côtoient et se reconnaissent, comment font-elles pour se reconnaître ? Les abeilles portent “l’odeur” de la colonie, c’est ainsi qu’elles se reconnaissent. Souvent on impute cette signature olfactive à la reine qui secrète plusieurs types de phéromones.

Le microbiome est généralement défini comme l’ensemble des micro-organismes vivant à la surface et à l’intérieur du corps. Si le microbiome est l’ensemble de cette flore, le microbiote est restreint à la flore d’un organe. (https://www.universalis.fr/encyclopedie/microbiome-et-sante/)

Parue le 14 octobre 2020 dans Science Advances, une étude américaine apporte de premières réponses : c’est la flore bactérienne intestinale des abeilles, le microbiome qui influence le cocktail d’hydrocarbures cuticulaires. En partageant constamment de la nourriture entre elles, les abeilles échangent aussi leur cocktail microbien.
(D’après un article de Fanny Rohrbacher paru dans Le Monde du 27 octobre 2020.)

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La division par translation

Le printemps est bien avancé, vos ruches sont remplies d’abeilles, vous désirez faire une division pour contrarier un possible essaimage… mais vos reines ne sont pas marquées… voici la technique que Jean-François nous a proposée un samedi de mai…

Jour J:

Il faut comme pour une division classique, prévoir de placer dans chaque partie des cadres contenant miel et pollen et des cadres contenant du couvain de tous âges (œufs, larves et couvain operculé).

Vous avez choisi la colonie que vous devez diviser :

→ Dans la ruche-mère, vous prélevez des cadres, sans les abeilles, de miel et de pollen et des cadres contenant du couvain de tous âges (œufs, larves et couvain operculé) plus il y aura de couvain ouvert mieux ce sera. Vous mettez une grille à reine sur cette ruche, ainsi la reine restera dans le corps du bas.

→ Vous placez les cadres dans la ruche-fille, vous complétez avec des cadres cirés ou bâtis, mettez aussi une partition afin de réduire le volume à réchauffer. Cette ruche-fille vous la placez sur la grille à reine. et vous fermez le tout avec couvre-cadres, et toit… bien sûr.

→ Vous avez remplacé les cadres prélevés par des cadres cirés ou bâtis, peut-être avez-vous des cadres contenant des réserves. Là aussi, vous pouvez utiliser un cadre de partition pour maintenir la chaleur.

Que va-t-il se passer ?

Les abeilles qui sont dans la ruche-mère, en bas, vont monter et s’occuper du couvain. La population de la colonie va se répartir entre le haut et le bas. Plus il y aura de couvain ouvert dans la ruche-fille, plus il y aura de nourrices à monter pour s’en occuper.

Jour J+1:

Il faut séparer les deux corps :

la ruche-mère, le corps du bas, sera éloignée, à l’autre bout du rucher ou dans un autre rucher.

la ruche-fille, le corps du haut, prendra la place de la ruche mère.

Que va-t-il se passer ?

La ruche-mère, va perdre beaucoup de butineuses qui reviendront à l’emplacement d’origine, mais il reste la reine qui n’a pas arrêté sa ponte et beaucoup de jeunes abeilles, les unes deviendront plus vite butineuses, les autres continueront à s’occuper du couvain…

Dans la ruche-fille, les butineuses sont nombreuses et les abeilles-nourrices vont élever quelques larves royales… dans deux semaines une nouvelle reine sera prête à pondre.

  • Le bonus pour la ruche-mère c’est d’avoir une reine en ponte,
  • Le bonus pour la ruche-fille c’est d’avoir des butineuses en nombre.

Remarque importante :

Pour la ruche-fille, vous pouvez utiliser une ruchette avec plancher amovible.




Du miel pour Jupiter / Zeus

Si Zeus est devenu le roi des dieux… c’est certainement grâce à son alimentation lorsqu’il était enfant.

Résumons son histoire…

Son père, Cronos, avait pour fâcheuse habitude de dévorer tous ses enfants dès leur naissance. Il avait ainsi avalé Hestia, Poséidon, Hadès, Héra et Déméter… Vous comprenez que Réa, la maman, en était vraiment contrariée.

Les Romains ont calqué leur religion sur celle des Grecs et sous des noms différents, on retrouve les mêmes dieux et des mythes semblables, ainsi l’enfance de Zeus ou Jupiter.
À ROME :
Jupiter, fils de Saturne et de Cybèle.
Fratrie : Vesta, Neptune, Pluton, Junon et Cérès.
En GRÈCE :
Zeus, fils de Cronos et de Rhea.
Fratrie : Hestia, Poséidon, Hadès, Héra et Déméter.

À la naissance du petit sixième, Zeus, elle fit avaler une pierre emmaillotée à Cronos et confia l’enfant à Gaïa la grand-mère. Celle-ci le transporta en Crète et le cacha dans une grotte sur le mont Ida. Elle le confia aux nymphes Adrasté et Ida.

Dans cette île vivaient des dieux inférieurs, les Curète et les Corybantes, qui dansaient, chantaient, tapaient sur leurs boucliers afin de couvrir les pleurs et les cris du bambin. Il ne fallait surtout pas que Cronos se doute de quoique ce soit.

Ce bébé fut nourrit du lait de la chèvre Amalthée et du miel des abeilles de l’île.  C’est ainsi qu’il devint suffisamment fort et rusé pour chasser son père du pouvoir et qu’il le força à régurgiter ses frères et sœurs.

Cette légende a inspiré quelques peintres :
(cliquer sur une image pour la voir en grand format)

Dans ce tableau, Antonio Balestra (1666-1740) nous montre une nymphe donnant un rayon de miel à l’enfant Zeus… admirez l’air réjoui de l’enfant !

Nicolas Poussin (1594-1665) illustrera cet épisode par deux tableaux où l’on voit une nymphe donnant le lait tandis qu’une autre recueille du miel

−vers 1636-1637−«L’enfance de Jupiter» Dulwich Picture Ga

llery (Londres)

−1640− «Jupiter enfant nourri par la chèvre Amalthée» Berlin, Gemäldegalerie

Notez bien que dans le p

récédent tableau, l’enfant tète directement le pis de la chèvre, dans le second on utilise un pichet pour faire boire l’enfant.