Lutte contre l’essaimage

L’essaimage, moi, ça me chagrine !

Un article lu dans la revue du CARI m’a paru intéressant et m’a inspiré.Logo du CARI

Ça parlait d’apiculture en Finlande, apiculture plutôt en ville, et pour éviter d’avoir des essaims accrochés aux feux rouges les apiculteurs du coin utilisent une méthode de conduite des ruches un peu particulière.

Les ruches utilisées sont des Farrar, en fait des divisibles Dadant mais en polystyrène. Le polystyrène c’est parce qu’en hiver en Finlande il y fait un peu frais. Mais ce serait avant tout des divisibles Dadant.

Une fois que la ruche est suffisamment développée, au printemps, en tout cas avant que ça essaime, pour empêcher la colonie d’essaimer avec la reine, les apiculteurs isolent la reine au-dessus d’une grille à reine.

Par exemple si le couvain occupe 2 hausses on place sous ces 2 hausses une nouvelle hausse séparée du couvain et de la reine par une grille à reine. Si la colonie veut essaimer la reine ne pouvant passer, puisque se trouvant au-dessus de la grille, l’essaim retourne assez rapidement dans la ruche et donc normalement pas d’essaimage.

L’agrandissement de la ruche pendant la miellée se faisant par la pose des hausses sous le couvain, donc sous la grille à reine.

La méthode marche-t-elle ?

Et bien s’ils l’utilisent c’est que ça doit bien marcher un peu !

Avantage, inconvénient, problème ?

  • « Pas d’essaimage » c’est plutôt un avantage
  • On peut imaginer que l’on peut également utiliser nos 10 cadres et mettre une hausse et la grille à reine sous un corps Dadant. Donc le fait de ne pas utiliser les divisibles ne me semble pas un problème.
  • Ils placent les hausses en dessous, ça permet aux abeilles de ne pas avoir à passer la grille à reine lors des miellées pour décharger le nectar. Est-ce que ça les perturbe, les abeilles ayant l’habitude de stocker au-dessus du couvain ?
  • Placer les hausses dessous est plutôt un inconvénient, il faut tout soulever,  mais comme elles sont dessous du coup la visite du nid à couvain en est facilitée puisqu’il se trouve directement sous le couvre cadre, donc là inconvénient mais également gros avantage pour la visite.

Et les mâles

Et bien, ils sont coincés au-dessus de la grille, ils ne peuvent sortir que lors des visites de l’apiculteur et ne peuvent retourner que sous la grille à reine. Donc il faut visiter de temps en temps ses ruches au moins pour permettre aux mâles de sortir sinon ils risquent d’obstruer la grille à reine.

–      Certains diront que si les mâles ne peuvent sortir c’est un problème puisque les jeunes reines ne pourront pas être fécondées. Oui mais comme on ne laisse pas sortir nos reines et bien, pas besoin des mâles et donc pas vraiment un problème pour nos ruches !

Et les reines ?

Avec cette gestion des ruches il est préconisé de visiter régulièrement les ruches pendant la période d’essaimage pour détruire les cellules royales. L’avantage de cette méthode serait que la visite du couvain est facilitée puisqu’il se trouve en haut de la ruche, donc pas besoin de soulever toutes les hausses pour atteindre le nid. Autre avantage, entre deux visites on dispose de plus de temps puisque la reine ne pouvant partir avec l’essaim on peut toujours détruire sans essaimage les cellules royales jusqu’au dernier jour avant la naissance des jeunes reines, on dispose donc entre deux visites d’une douzaine de jours max.

Et si des jeunes reines naissent avant notre visite, et bien plusieurs reines se trouveront emprisonnées au-dessus de la grille, la vieille reine pouvant être tuée et les jeunes reines jamais fécondées. Donc à terme la colonie risque de devenir bourdonneuse. Sauf que l’apiculteur peut intervenir, par exemple en supprimant  les reines non fécondées et en introduisant une reine fécondée de son élevage.

De même en supprimant l’essaimage on empêche le renouvellement des reines. Donc également là l’apiculteur doit intervenir en changeant de lui-même les reines un peu vieillottes.

Il semble donc que cette méthode de conduite des ruches nécessite une gestion des reines par l’apiculteur et forcément un peu d’élevage de reines de la part de celui-ci, mais est-ce un problème ?

Autre problèmes ? Autres Avantages ?

Les abeilles ne vont-elles pas essayer de faire passer de force la reine à travers la grille à reine quitte à la démembrer ? Pas grave on en remettra une de notre élevage en temps voulu, le principal étant de conserver le maximum d’abeilles de la colonie pour la miellé.

Dans l’article les finlandais utilisent des reines italiennes pour leur douceur intéressante en ville, la méthode marche-t-elle moins bien avec des abeilles noires ?

Il est évidant que cette méthode nous impose un élevage de reine dans un rucher ou les mâles peuvent voler librement pour féconder nos reines.

La méthode mérite que je fasse un essai cette saison, histoire de voir si ça marche et peser le pour et le contre.

Qui d’autre a envie d’essayer ?

Quelqu’un du REPPI a-t-il déjà essayé une méthode qui ressemble à celle-ci et pourrait nous faire part de son retour d’expérience?

Claude

 




Des miels contaminés partout dans le monde !

Vous avez certainement lu ces jours-ci au moins un article dans la presse locale ou nationale traitant des résidus de pesticides dans les miels.

Néonics : les trois-quarts des miels du monde sont contaminés…

« À l’origine, c’est une expérience de science citoyenne, raconte Alexandre Aebi, chercheur à l’université de Neuchâtel (Suisse) et coauteur de ces travaux. Tout a commencé en 2013 avec une exposition sur l’apiculture au jardin botanique de Neuchâtel, dans laquelle les visiteurs étaient invités à apporter un pot de miel acheté au cours de leurs voyages, si possible directement à des petits producteurs locaux. »

Reportez-vous aux articles concernant les pesticides :
DDT-Amitraze et Fipronil…
Pour un peu on regretterait le DDT

Environ 300 pots de miel venant de tous les horizons ont ainsi été recueillis… Toutes les latitudes étaient représentées. Les auteurs de l’étude ont retenu 198 miels différents pour l’analyse.

Cinq molécules de la famille des néonicotinoïdes ont été recherchées : imidaclopride, acétamipride, thiaméthoxame, clothianidine, et thiaclopride. Dans 75% des échantillons , au moins l’une de ces molécules a été retrouvée.

Pour en savoir plus, il vous suffit de consulter l’article écrit par Stéphane Foucart, publié par Le Monde le 5 octobre dernier.




À propos de sirop…

D’après des courriers de Claude.

Le sirop pour les abeilles

La question du sirop et, par conséquent, du sucre utilisé pour le faire me tarabuste.

Fructose, glucose, saccharose, maltose… Quel sirop de nourrissement choisir

J’ai recherché un peu sur internet pour en savoir plus  (voir le conseil de Vévette, petite avette); il semble bien que le sucre blanc qui n’est que du saccharose comme l’indique le document de Muriel, ne puisse être produit qu’à partir de betteraves sucrières ou de canne à sucre.

Par contre les sirops de glucose ou de fructose qui sont utilisés par l’industrie agroalimentaire et par les apiculteurs sont fabriqués essentiellement à partir de céréales, maïs en particulier, l’intérêt étant un coup de revient plus bas par rapport à la fabrication à partir de betteraves.

Donc si on achète du sirop type Butiforce, Fructoplus on a un sirop provenant de céréales avec l’inconvénient d’avoir 1/3 de maltose dedans, si on réalise son sirop à partir de sucre blanc on a un sirop de saccharose que les abeilles vont devoir transformer en glucose et fructose.

On peut pourtant lire sur certains forums que les sucres blancs premiers prix seraient des sucres de céréale, j’ai quand même un doute…

Par contre la qualité des premiers prix n’est pas égale, l’année dernière je réussissais mon candi avec le sucre Aldi, et j’ai acheté un peu de sucre chez Intermarché qui était moins cher, et j’ai tout loupé, la casserole a débordé alors qu’avec la même quantité de sucre de chez Aldi et la même recette pas de problème, il semblerait que certains sucres “bas de gamme” seraient moins bien raffinés et contiendraient plus d’impuretés d’où le débordement et la couleur du sirop jaunâtre.

Bon week-end,

Claude




Mellifère ou mellifique ?

Dans certains ouvrages il est question de l’abeille mellifère, Apis mellifera, et dans d’autres de l’abeille mellifique, Apis mellifica

Quelle différence ?

Aucune, et voici pourquoi :

Carl von Linné (Cliquer pour agrandir l’image)

Carl von Linné est le père de la classification binomiale des espèces,  le système qui permet de nommer toute espèce animale ou végétale.

(À propos de nom, le patronyme de ce savant est assez rocambolesque, mais je vous laisse le soin de consulter la page Wikipédia le concernant…)

Il a nommé près de 6000 espèces végétales et 4400 animales (Wikipédia), entre autres, Apis mellifera. en 1758.

Apis mellifera : abeille, du latin “apis” et “mellifera”, du latin mel, mellis, miel et ferre, porter; l’abeille mellifère, porteuse de miel.

Mais quelques années après on apprend que l’abeille ne transporte pas de miel, mais du nectar qui servira à faire le miel. Linné décide donc en 1761 de changer le nom en Apis mellifica: mellifica de mel, mellis, miel et facere, faire; l’abeille

mellifique, qui fabrique le miel.

Mais quand un nom est donné, on ne le change pas… et notre abeille, bien que mellifique est toujours appelée mellifère et garde son nom “savant” Apis mellifera.

Mellifère et autres mots dérivés… (Cliquer pour agrandir l’image)

Rien ne vous empêche, cependant, de parler d’Apis mellifica, on saura que vous parlez de l’abeille domestique qui nous donne du miel.

Les plantes, les fleurs qui sont visitées par les abeilles sont dites mellifères… improprement, elles ne portent ni ne font du miel.

Les apiculteurs, qui sont observateurs, ont bien remarqué que certaines plantes produisent nectar et pollen en quantités plus ou moins importantes. Ils parlent donc de fleurs pollinifères et nectarifères.

Nectarifère et autres mots dérivés… (Cliquer pour agrandir l’image)

La vieille encyclopédie Larousse de ma grand-mère me signale l’adjectif nectarifique qui qualifie les animaux dont le corps laisse exsuder une liqueur sucrée. Le miel de sapin est un miel provenant de pucerons nectarifiques.

En consultant cette vieille encyclopédie, je trouve le mot apicule (pointe courte, aigüe et peu consistante). Je me demande si apis et cultor sont vraiment les racines du mot apiculteur

Arrêtons là, cela devient soporifique, voire soporifère… 😉




Couleur du pollen

Il y a quelque temps nous avions un fait un article à propos de pollen rouge (https://reppi.ovh/pollen-rouge/), je ne savais pas de quelle fleur pouvait provenir ce pollen.

Grace à un document paru en février 2016 il semble que ce pollen rouge provienne de marronnier… ce document, vous le trouverez à cette page du rucher-école de Thann dans le Haut-Rhin : http://rucherecole68.thann.free.fr/Calendrier%20apicole/la_couleur_du_pollen_des_plantes,arbresetabustes_melliferes.pdf

Abeille et épilobe en épi

Abeille en approche d’une fleur d’épilobe en épi. (Cliquer  pour agrandir la photo)

Récemment, j’ai fait quelques photos d’abeilles butinant des fleurs d’épilobe en épi, wikipédia me dit que cela s’appelle aussi : épilobe à feuilles étroites ou laurier de Saint-Antoine ou encore osier fleuri… le nom scientifique : Chamerion angustifolium .

C’est un plaisir de voir les abeilles butiner ces fleurs, ça bruisse de partout…

Fleur d'épilobe en épi

Fleur d’épilobe en épi. (Cliquer  pour agrandir la photo)

Sur la photo ci-contre vous pouvez voir que le pollen porté par l’abeille est gris foncé et pourtant en observant les anthères de ces fleurs le pollen ne paraît pas aussi foncé… mais le document cité plus haut confirme bien la provenance de ce pollen.