Les abeilles, les éléphants et les hommes…

Quel beau titre pour une fable ! Il faudra en parler à Jean de la Fontaine…

Dans un récent article du Monde (http://ecologie.blog.lemonde.fr/2016/01/10/comment-des-abeilles-peuvent-sauver-les-elephants-et-les-humains/) on apprend que les éléphants craignent bien plus les abeilles que les souris. Lorsqu’ils perturbent une ruche ils sont souvent piqués dans des zones sensibles… autour des yeux, au niveau de la trompe ou derrière les oreilles et ces mastodontes n’aiment pas cela du tout !

RuchesBaobab

ElephantsRuche Photos parues dans Le Monde du 10/01/2016

Aussi au lieu d’installer des clotures éléctriques ou essayer de les faire fuir avec des coups de feu, des pétards, des jets de pierres, créer des « clotures d’abeilles » semble une bonne idée. Cette expérience est testée en Tanzanie, autour d’une ferme située dans le parc national du Serengeti où les éléphants sont protégés (site de l’ONG pilotant ce projet).

 

Des ruches rustiques sont suspendues aux branches des arbres (essentiellement des baobabs), ou sur des poteaux, tous les 10 mètres et reliées entre elles par un fil. On imagine bien le charivari que cela doit provoquer lorsque l’un des pachyderme tente de franchir l’obstacle… cela suffit à le faire fuir ainsi que ses compagnons car il émet une sorte de grondement d’alerte (voir la video ci-dessous).

Site de la Fondation ayant subventionné ce projet

Comment des abeilles peuvent sauver les éléphants et les humains




Une abeille secouante !

Amegilla murrayensis est une abeille qui secoue les fleurs qu’elle visite.

Ce n’est pas la seule me direz-vous, les bourdons (les vrais, les Bombus… , pas les abeillauds !) en font autant, les secousses transmises à la fleur sont de l’ordre de 240 fois par seconde. Mais Amegilla murrayensis est bien plus rapide, elle transmet 350 secousses par seconde. Plus étonnant encore, elle est adepte du “coup de boule”, c’est avec la tête qu’elle frappe la fleur. Cette technique serait la plus efficace pour la récolte du pollen.

Lire l’article de Sciences & Avenir

Quel est le lien de cousinage entre Amegilla murrayensis et notre Apis mellifera ?

Dans l’ordre des hyménoptères se trouve une super-famille les Apoïdés ou Apoidea qui réunit des espèces dont les larves et les  adultes se nourrissent de nectar et de pollen. Ces insectes trouvent essentiellement leurs nourritures dans les fleurs, de ce fait les abeilles visitent toutes sortes de fleurs d’où une pollinisation involontaire mais extrèmement efficace. Cette super-famille se décline en Apidae (famille), puis Apinae (sous-famille) et Apini (tribu)… c’est à ce niveau que ces deux espèces se séparent;

  • l’une appartient au genre Amegilla où l’on trouve l’espèce Amegilla murrayensis
  • l’autre appartient au genre Apis  où l’on trouve l’éspèce Apis mellifera

Voir le schéma ci-dessous, la classification de ces 2 abeilles (cliquer sur l’image pour l’agrandir)

Amegilla-Mellifera

Article rédigé à partir de l’article de Sciences & Avenir